22h04.
J'ai froid au yeux. Il serait peut être temps d'écouter les sermons du gros au gros nez. Sous ses airs de vieil alcoolique à qui on aurait oublier d'apprendre a sourire il a peut être pas tort. Ou alors est-ce les fées qui ont juger bon de lui refuser toute sensibilité humaine ? Après tout on ne met pas un esprit moral dans un corps gras. Ou alors est-ce dieu qui trop occuper à faire des expériences sociologiques - tiens qui serait le plus combatif des juifs ou des arabes ? - en a abandonné notre pauvre petit ivrogne sur la route. Quoi qu'il en soit suivons le conseil du vieux routard. Raconter, collecter, récolter. Pour ensuite se trouver, s'étonner, se dégouter. Raconter les tréfonds, l'inavouable, le détestable. Pour trouver la gerbe, la vérité, juste la vérité. C'est vrai bien sur, puisque c'est écrit. Les mots ont cela de fabuleux qui le vent de notre refoulé peut les porter n'importe où.
première question : qu'est ce que ça fait ? Honnêtement ? pas du bien. C'est un peu comme une ponction je dirais. Une aiguille qui s'enfonce lentement, c'est pour votre bien ne bougez pas surtout, et qui vous fait voir des chérubins tellement vous souffrez. Comme un bourreau amateur qui aurait à s'y reprendre à 8 reprises. La grippe A. La peste peut-être. Le choléra surement.
deuxième question : Pourquoi ? Parce qu'on a pas le choix. Qu'on préférerait bien fumer toute la journée au dessus de vieux parchemins à manger des fruits pourris et écrire des chef d'œuvres. Des romans tellement transcendantaux qui les gamins chialeraient quand on leur mettrait dans les mains, il y aurait des morts, peu de survivants. Ce serait la loi de la jungle. Il faudrait se battre avec tout, rien aussi, ce serait plus dure, plus burlesque. Tourner la page au bon moment pour qu'un souvenir de vous tombe pas dessus à l'improviste.
Bien sur qu'on aimerait bien devenir l'égérie du 21ème siècle et se faire décliner sous formes d'objet divers et variés, mais tout de même plus inutiles que variés. Ensuite on s'achèterait nous même. C'est ça la société de consommation, ça va finir en consommation de soi. Tu payeras pour voir ta gueule partout. Tu seras un tasse, une brosse à dent électrique, un poster, une statue, un stylo recyclable, un pyjama pour enfant avec tait d'oreiller assortie, une boisson énergisante pour sportif en fin de carrière et une barre de chocolat pour oobèse, tu finiras parfum pour guerlain, soutien gorge de dentelle, grosse connasse. Mais ce sera bien. C'est tes dents qu'on verrai sur les paquet de clopes pour dirent au enfants qui chialent avec tes bouquins dans les mains, que fumer c'est mal , mais ce sera bien.
Enfin tout de façon on a pas le choix, nous c'est la ponction.
Troisième question ? Il t'aime ton chien ? Alors il t'aime ? Hein ? tu réponds ? Je te rapelle que j'ai pas été doté de bonté à la naissance alors je te lâcherai pas. Ton chien il te fait la fête quand tu rentre chez toi ? Fais pas cette tête c'est qu'un chien.
Je sais pas, mais dans le fond on s'en fou. C'est pas ça le plus important. L'important c'est de pas avoir envie de pleurer, et de pleurer d'ailleurs car je suis faible faut dire ce qui est, quand il aboie plus fort. L'important c'est de ne pas avoir peur, de savoir qu'on a toute la confiance de l'autre, que quelque au moins croit en vous. Croire qu'on possède tout les crayons de couleur de l'autre qui nous confie ses contours, alors on s'applique pour ne pas dépasser, qu'il soit fier de nous. L'important c'est qu'on ne vous rende jamais malheureuse ou embuée, que vous ne vous sentiez pas Damaucles, qu'on ne vous creuse jamais le ventre de l'intérieur. Tu vois c'est comme si on avait mis un rat dans mon estomac. un rat armé d'une cuillère à pamplemousse.
Juste une fois , j'aimerai qu'il souffre plus que moi. Qu'il déguste comme il a jamais déguster, plus qu'un rat dans l'estomac, comme de l'acide sur les yeux, la mort par crucifixion. Qu'il apprenne que les gens n'aiment pas souffrir. Ils aiment être aduler, avoir le choix, raison.